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Sommaire

Introduction
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I. L’inconscient et le temps
Serge Cottet, Raccourcir le temps pour comprendre ?
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II. L’inconscient éclair, préliminaires
Pierre-Gilles Guéguen, L’éclair de la rencontre
Philippe Lacadée, Sur-prise de l’inconscient
Guy Trobas, Une anticipation structurée
Hélène Bonnaud, Le réel ne se compresse pas
Pierre Naveau, Une clinique du point hors ligne
Jérôme Lecaux, Le temps de l’acte
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III. La conversation clinique et ses impromptus
Lilia Mahjoub, Ouverture
Esthela Solano-Suárez, Satisfaire une urgence
Clotilde Leguil, Condamné à se réveiller
Alice Ha Pham, Prendre le temps
Philippe Jonquet, Une bouche qui se ferme, pour faire taire l’Autre
Éric Laurent, L’éthique des contraintes
Dalila Arpin, Le désir de l’analyste, ouverture éclair
Fabrice Bourlez, Éclairer la nuit ?
Nicole Guey, Le temps presse
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Conclusion
Éric Laurent, Les éclairs et l’écrit

Introduction

Freud l’avait énoncé très clairement, l’inconscient ne connaît pas le temps : les processus inconscients « sont intemporels, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas ordonnés dans le temps, ne sont pas modifiés par l’écoulement du temps, n’ont absolument aucune relation avec le temps (1) ».

Cependant, la psychanalyse n’a jamais prétendu ne pas avoir à s’occuper du temps. Le dire, ce n’est pas simplement rappeler avec Jacques Lacan que le psychanalyste devra bien connaître « la spire où son époque l’entraîne (2) ». Il s’agit surtout de rappeler que l’expérience analytique a partie liée avec le temps. La séance – n’en déplaise à ceux qui voudraient en maîtriser la durée – est avant tout « une manoeuvre essentielle avec le temps (3) ».

Mais elle met en scène un autre temps que le temps diachronique, linéaire. Le temps de la réversion temporelle – qui va du futur vers le passé, qui soutient l’illusion du « c’était écrit » que Lacan a nommé le sujet supposé savoir – y est à l’oeuvre. Aussi, la séance analytique ne saurait se mesurer en minutes, comme une quantité. Elle est, au contraire, « un laps de temps tout à fait spécial où le sujet est amené à faire l’expérience pure de la réversion temporelle [:] il s’agit qu’un rapport s’établisse avec la dimension hors temps de l’inconscient, [où] l’on ne retrouve aucun des trois modes du temps – le passé, le présent, le futur – [et] où, dans les termes de Freud, la catégorie même de temps ne s’applique pas (4) ».

D’ailleurs, alors qu’il enjoignait ses collègues à ne pas tenir compte du temps, Freud ne s’interdisait pas – une fois le transfert installé – de manoeuvrer avec le temps. Il en témoigne dans le récit qu’il fit de la cure de l’Homme aux loups : « Je fus obligé d’attendre que son attachement pour moi fût devenu assez fort [et] je décidai […] que le traitement devrait être terminé à une certaine date, quelque avancé qu’il fût ou non alors (5) ».

Dans les Centres psychanalytiques de consultations et de traitement (CPCT), le terme des traitements est fixé par avance – pas plus de 16 séances. Il ne s’agit pas pour autant de poursuivre une ambition thérapeutique « à courte vue ». Les praticiens qui opèrent dans les cpct savent que, si le temps y est compté, il s’agit toujours de saisir dans la séance – « lieu prévu pour que s’y produise l’imprévisible (6) » – les manifestations de l’inconscient, d’attraper la temporalité de celui-ci, qui est celle de
l’éclair. Car l’inconscient « se manifeste toujours comme ce qui vacille dans une coupure du sujet (7) ».

Comment l’analyste emploie-t-il le temps compté au CPCT ? Lorsque les formations de l’inconscient ne sont pas au rendez-vous, quelles sont les modalités de l’interprétation ? Les textes et les cas réunis dans ce recueil témoignent, par-delà les effets thérapeutiques, des effets psychanalytiques obtenus dans les CPCT. Le lecteur trouvera aussi dans ce recueil des références et des indications précieuses sur le temps et son maniement dans la pratique analytique.

1. Freud S., « L ’ inconscient », Métapsychologie, Paris, Gallimard, 1968, p. 96.
2. Lacan J., « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 321.
3. Miller J.-A., « Introduction à l’érotique du temps », La Cause freudienne, n° 56, mars 2004, p. 71.
4. Ibid., p. 76.
5. Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infantile (L ’ Homme aux loups) », Cinq psychanalyses, Paris, PUF, 1993, p. 328.
6. Miller J.-A., « La nouvelle alliance conceptuelle de l’inconscient et du temps chez Lacan », La Cause freudienne, n° 45, avril 2000, p. 6.
7. Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les Quatre Concepts fondamentaux de la psychanalyse, texte établi par J.-A Miller, Paris, Seuil, 1973, p. 29.

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